C'est le sujet de ma dernière chronique Free Press, en voici un extrait :

Bien que Donald Trump semble annuler sa dernière guerre commerciale, les États-Unis se sont en fait retirés du libre-échange avec une nouvelle ère de droits de douane. C’est une évolution que je regrette. Mais le Canada vient d'ouvrir son marché aux voitures chinoises. Trump a donc trouvé la recette pour amener le Canada, souvent protectionniste, à commercer plus librement, même si c’est le contraire de ce qu’il aurait pu souhaiter. Le Canada aura bientôt accès à des voitures électriques meilleures et moins chères qu’aux États-Unis. Et même si vous pensez que les logiciels espions pourraient faire de ces voitures un risque pour la sécurité à Washington, DC en raison de leurs capacités d'espionnage, je suis moins inquiet de leur prévalence au Québec et en Nouvelle-Écosse. Gardez-les hors d'Ottawa si nécessaire.

L'Union européenne vient d'élaborer un accord de libre-échange, en attente d'approbation finale, avec le Mercosur, un bloc commercial qui comprend des centaines de millions de personnes en Amérique du Sud, une région susceptible de devenir économiquement plus importante à l'avenir. L'UE a également annoncé qu'elle allait probablement signer un accord de libre-échange avec l'Inde, le pays le plus peuplé du monde et l'une de ses économies à la croissance la plus rapide. Aussi imparfaits que puissent être ces accords, y a-t-il eu récemment une brève période au cours de laquelle des progrès aussi importants ont été réalisés en matière de libre-échange ?

Et ceci à propos de Mark Carney :

Le discours du Premier ministre canadien Mark Carney mardi a retenu beaucoup d'attention, mais à mon avis pour de mauvaises raisons. Il a vanté la capacité des « puissances moyennes » – c’est-à-dire l’Europe et les pays comme le sien – à tenir tête à l’Amérique et à la Chine, mais n’a mentionné l’IA qu’en passant. Il n’avait aucune solution face à un monde imminent dans lequel le Canada dépendrait fortement des systèmes d’IA avancés d’entreprises américaines (qui, soit dit en passant, étaient souvent développés par des chercheurs canadiens aux États-Unis). Il s’agira probablement du prochain développement majeur dans les relations nord-américaines et n’augmentera pas l’autonomie relative du Canada ou d’autres puissances moyennes.

Carney a été félicité pour s’être levé avec autant de courage et avoir tenu tête à Trump. La réalité la plus profonde est que Carney peut « riposter » dans le cadre du partenariat nord-américain parce qu’il sait que l’Amérique défendra le Canada, y compris contre la Russie, quoi qu’il arrive. La plupart des pays européens ne peuvent pas se détendre de la même manière et sont donc souvent plus respectueux. Ce que montrent les réactions de Carney et des Européens n’est pas une indépendance croissante des puissances moyennes, mais plutôt une réalité dans laquelle chacun est soit fortement lié à une grande puissance – comme le Canada l’est à l’Amérique – soit vit dans la peur d’être abandonné, comme c’est actuellement le cas dans une grande partie de l’Europe.

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