DOnald Trump veut que vous sachiez qu’il est en train de gagner la guerre contre l’Iran. Si complet qu’il a désormais besoin de l’aide de l’OTAN. L’alliance occidentale, prévient-il, aura un « très mauvais » avenir si ses membres refusent. Le ministre allemand de la Défense a répondu brièvement : Ce n'est pas notre guerre. Pendant ce temps, les pétroliers s’entassent au large du détroit d’Ormuz alors que la Grande-Bretagne promet tranquillement de continuer à « explorer » ses options. M. Trump a découvert qu’il est plus facile de déclencher une guerre sans une coalition de volontaires que d’y mettre un terme.

Aux côtés de l'Israélien Benjamin Netanyahu, le président américain a lancé une attaque illégale contre l'Iran, au cours de laquelle le chef suprême du pays a été assassiné. Les forces américaines ont atteint une supériorité militaire écrasante. En attaquant des cibles militaires mais en épargnant les principales installations pétrolières de l’île de Kharg, M. Trump envoie un signal clair : les États-Unis peuvent ruiner l’économie iranienne. Il n'a tout simplement pas encore pris de décision.

Il signale que les choses vont empirer si Téhéran ne négocie pas. De mauvaises choses sont arrivées. Les accusations incluent le naufrage d'une frégate iranienne dans les eaux internationales et l'attentat à la bombe contre une école qui aurait tué 168 personnes, pour la plupart des jeunes filles. Il n’est pas étonnant que les alliés hésitent à mener ce que le chef du Pentagone, Pete Hegseth, appelle fièrement une guerre politiquement incorrecte.

L’Iran sait qu’il ne peut pas vaincre les États-Unis dans une guerre conventionnelle. Leur stratégie est de rendre la guerre intenable. Cela étend la guerre : les bases militaires américaines dans le Golfe sont attaquées, le trafic de pétroliers à Ormuz est paralysé et les marchés de l'énergie sont ébranlés. Dans un détroit où transite environ 20 % du commerce mondial du pétrole, même une poignée de mines peut le paralyser. Les conséquences transforment une compétition militaire en compétition politique. La stratégie consiste à prolonger la guerre jusqu’à l’effondrement des alliances américaines.

M. Trump soutient que les pays dépendants du pétrole du Golfe devraient contribuer à sécuriser le détroit. Mais beaucoup sont prudents – et pour cause. Les escortes navales seraient attaquées par des drones, des missiles et des hors-bord iraniens et devraient naviguer dans des mines. Les marines participantes seraient engagées dans une guerre illégale. Les États-Unis pourraient tenter d'assurer seuls le transport maritime via le détroit, mais le faire sans leurs alliés traditionnels révélerait l'isolement de Washington. Les Européens doivent également peser leurs réactions nationales – un dilemme partagé par les États du Golfe, pris entre les alliances américaines et l’opinion publique.

La situation est encore compliquée par l'invasion du Liban par Israël, qui a entraîné le déplacement de près d'un million de personnes alors qu'elle cherche à détruire le Hezbollah, mandataire de l'Iran. Une fois que les guerres s’étendent sur plusieurs fronts, personne ne peut contrôler l’escalade. Et puis il y a les Houthis. Si les alliés yéménites de Téhéran se joignent au combat, le conflit fera rage du Liban à la mer Rouge, en passant par le Golfe. Chaque nouveau théâtre de guerre entraîne des griefs et des risques.

La dynamique n’est pas inconnue. La guerre semble suivre le « piège de l’escalade » de l’historien Robert Pape. La puissance la plus forte remporte l’échange d’ouverture. La véritable bataille se déplace ailleurs – vers les marchés pétroliers, les voies de navigation, les alliances et la politique intérieure. Les États-Unis pourraient faire souffrir l’Iran bien davantage. Cependant, cela risque d’aggraver encore les conséquences politiques et économiques que Téhéran tente d’entraîner. L’exigence de M. Trump que les alliés rouvrent le détroit d’Ormuz n’est pas un signe de faiblesse militaire. Cela montre que la guerre s’est déplacée vers un champ de bataille où la force militaire compte moins.

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