Sydney a enfin l'impression d'être en hiver ce soir. Le froid pénètre dans les rues à l'extérieur, mais à l'hôtel Lansdowne, la salle est déjà pleine bien avant même que le lycée n'arrive. Backseat Mafia a toujours défendu les sorties du groupe au fil des ans, et des soirées comme celle-ci permettent de comprendre facilement pourquoi. Peu de groupes australiens semblent actuellement construits avec autant de soin et en même temps aussi détendus émotionnellement.

La soirée d'ouverture sera Rain Dogs, avec Luke Scott de HighSchool faisant double emploi à la basse. Leur set vibre de rythmes moteurs et de textures de synthé glaciales, sonnant un peu comme Depeche Mode si Jim Morrison était entré en studio et avait décidé de les incarner. Les chansons évoluent en longues sections nocturnes, de manière hypnotique sans devenir statiques.

Vient ensuite Kidskin, qui change complètement la pièce. Leurs grooves électroniques détendent immédiatement la foule et transforment le Lansdowne bondé en une masse de mouvement déferlante. Par une nuit glaciale de Sydney, elle apporte une vraie chaleur à la pièce, faisant sortir les gens d'eux-mêmes et les plongeant dans le rythme avec un set fluide, hypnotique et profondément dansant.

Lorsque HighSchool monte sur scène, Lansdowne se sent transformé. Renforcé en live par Lily Trobbiani et Lucy Lamb, le groupe apporte une physicalité plus pointue à la tension brumeuse de leur matériel enregistré. Les chansons de leur récent premier album éponyme vont plus loin en live, les guitares chatoyantes de rythmes mécaniques tandis que la voix de Rory Trobbiani oscille quelque part entre intimité et distance.

Il y a surtout l’ambiance typique des after-hours de la fin des années 2000. Pas exactement de la nostalgie, mais des fragments de celle-ci : discothèques indépendantes faiblement éclairées, fumée de cigarette devant les portes des clubs, désorientation des banlieues transposées dans le film. L’album produit par Ben Hillier faisait déjà allusion à cet univers esthétique, mais en live, il semble plus chaleureux et plus humain.

Ce qui ressort le plus, c'est l'unité de la foule. Personne ne semble intéressé à parler du décor ou à le traiter comme une musique de fond. La salle se referme de cette manière rare où l'atmosphère d'un groupe submerge complètement l'espace qui l'entoure. HighSchool a passé des années à créer du battage médiatique à travers des EP comme Forever At Last et Accelerator, mais ce soir ressemble moins à de l'excitation qu'à une validation. L'un des jeunes groupes les plus convaincants d'Australie, en train de s'établir pleinement.

La tournée se dirige ensuite vers Brisbane, Melbourne et Auckland, billets ICI.

Images Deb Pelser



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