Depuis près de deux décennies, Lykke Li occupe une place particulière dans la musique pop : émotionnellement exposée, mélodiquement précise et résistante à une catégorisation facile. Elle revient maintenant avec « Lucky Again », le premier avant-goût de son prochain album. L'après-fête (Neon Gold Records/Futures✦), signalant un changement conscient de ton et de perspective.
«J'étais dans une spirale amoureuse sur tous ces albums», dit Li à propos de son travail précédent. “Maintenant, j'entre dans mon ère existentielle.”
« Lucky Again » introduit ce point pivot avec une échelle. Construit autour de cordes disco en cascade et d'une pulsation agitée, le morceau dépeint la nature cyclique du désir et de la perte comme quelque chose à la fois extatique et non résolu. “Seigneur, je ne sais pas comment, et je ne peux pas dire quand / Si nous avons de la chance, nous aurons encore de la chance”, chante-t-elle, transformant l'idée du samsara, la roue sans fin de la création et de la ruine, en pop grand écran. Un exemple tiré de la révision de Max Richter de Les quatre saisons propulse l’arrangement dans une sorte d’euphorie flottante dans laquelle triomphe et fragilité cohabitent simultanément.
Si les disques précédents plaçaient la romance au centre de l'univers de Li, L'après-fête regarde à la fois vers l’extérieur et vers l’intérieur. Écrit à Los Angeles et enregistré à Stockholm avec un orchestre à cordes de 17 musiciens, l'album de 24 minutes combine orchestration disco, éclat gospel et chaleur des Baléares avec des paroles qui explorent l'éphémère, la honte et la mortalité. C'est succinct mais émouvant.
Sur la pochette de l'album, le visage de Li est déformé sous une paire de collants transparents, une métaphore visuelle qui rejette le vernis au profit de l'inconfort. Elle présente le projet comme une confrontation avec le « moi inférieur » : la vengeance, le désespoir, le désir et les impulsions qui sont souvent extraites des récits pop. L’alter ego, qu’elle décrit comme « un Ram Dass pour les connards », lui permet d’endurer ces contradictions sans vergogne.
Au cœur se trouve L'après-fête cela ressemble à un bilan nocturne. Une question simple, agrémentée de superbes arrangements, se pose : si la musique continue à jouer à 4 heures du matin, continuez-vous à danser ou affrontez-vous le silence ? Avec « Lucky Again », Li suggère que les deux impulsions peuvent coexister, ne serait-ce que le temps d’une chanson.
Diffusez « Lucky Again » ICI.

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