Plus tôt ce mois-ci, le juge en chef du tribunal de première instance de Westminster a rendu une ordonnance de dépens après l'échec d'une poursuite privée engagée par le Centre international pour la justice pour les Palestiniens (CIJP). La CIJP avait demandé une assignation à comparaître contre un double ressortissant anglo-israélien anonyme qui a servi dans les Forces de défense israéliennes (FDI). Il s'appuyait sur le Foreign Enlistment Act de 1870, une loi victorienne destinée à empêcher les sujets britanniques d'agir comme « mercenaires » dans les conflits étrangers et à protéger la neutralité britannique.

À la lecture de la décision du tribunal, il apparaît clairement que cette affaire représente quelque chose d'inquiétant. Une poursuite privée permet à des individus ou à des organisations de s'adresser à un tribunal local pour délivrer une citation à comparaître en vue d'une procédure pénale. Ils peuvent soumettre une demande accompagnée de preuves qui, selon eux, prouvent un crime. Le tribunal doit alors décider s’il existe une base appropriée pour délivrer l’assignation à comparaître.

L’accusé proposé était un réserviste de Tsahal qui s’est présenté au travail le 8 octobre 2023, au lendemain du pogrom du Hamas dans le sud d’Israël. En d’autres termes, rien n’indique qu’il ait fait autre chose que retourner au service militaire dans un pays dont il était également citoyen.

Le cas de la CIJP était marqué par la malhonnêteté et le manque de compréhension du droit. La CIJP a initialement demandé que la demande d'assignation à comparaître soit anonymisée par le tribunal afin de la publier ultérieurement sur son propre site Internet. Le juge a conclu que cette approche d’anonymisation « pourrait avoir été conçue pour permettre à la CIJP de contrôler le récit et d’améliorer son profil public ». Le juge a averti que les tribunaux ne devraient pas être utilisés pour « dénoncer des individus pour des actes répréhensibles qui ne relèvent pas du champ d’application du droit pénal », comme c’était clairement le cas en l’espèce.

Le juge a noté que la loi sur l’enrôlement à l’étranger n’a jamais eu pour objectif de criminaliser les binationaux servant dans les forces armées d’un autre pays dont ils sont citoyens. Si tel était le cas, cela signifierait, par exemple, qu’un citoyen indien britannique retournant servir dans les forces armées indiennes pourrait potentiellement être poursuivi à son retour au Royaume-Uni. Ce n’est clairement pas le but de la loi – selon les termes du juge, cela constituerait « une atteinte extraterritoriale absurde du droit britannique ».


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La demande reposait également sur des éléments sélectifs et peu fiables. Incroyablement, l’un des témoins désigné comme « expert » – le Dr Mandy Turner – membre du groupe WhatsApp de l’ICJP. Cette relation n'a pas été correctement divulguée. Le juge a estimé que Turner était un « activiste et militant engagé dans le programme politique de cette poursuite, et non un expert indépendant ».

Turner a également fait des affirmations que le tribunal a jugées manifestement fausses, notamment l’affirmation selon laquelle Israël était responsable de l’explosion de l’hôpital Al-Ahli dans la ville de Gaza en octobre 2023, alors qu’en fait une roquette du Jihad islamique palestinien en était responsable. Le juge a estimé qu'il n'y avait aucune explication satisfaisante pour qu'un expert se soit trompé sur des détails aussi importants et a critiqué Turner pour “avoir promu un récit complètement faux”.

Il y avait d'autres détails troublants. La décision révèle que la CIJP a écrit à la police métropolitaine en 2022 pour demander à son commandement antiterroriste « d’ouvrir une enquête sur les citoyens britanniques qui ont rejoint Tsahal ». Elle n’a pas ouvertement informé le tribunal qu’elle avait déjà formulé cette demande. Le juge a estimé que son omission était « au mieux fallacieuse » et « au pire trompeuse ».

La décision se terminait en déclarant que la demande avait été soumise avec le « motif primordial… de promouvoir un agenda politique ou idéologique ». Ce sont des paroles fortes et dégradantes de la part d’un juge – et elles étaient plus que méritées.

Cette application devrait tous nous effrayer. La CIJP avait clairement cherché à criminaliser la double nationalité britannique et israélienne – d’abord en appelant à des enquêtes policières, puis en engageant des poursuites privées. L’affaire s’appuyait sur des experts partiaux et n’a pas divulgué le contexte et l’historique pertinents. S’il avait réussi, cela aurait pu ouvrir la porte à une chasse aux sorcières légalement sanctionnée contre les Israéliens britanniques et d’autres binationaux.

Les poursuites privées constituent une protection importante dans notre système judiciaire. Ils ne doivent pas être autorisés à devenir un moyen d'intimider la population, d'éveiller les soupçons du public ou de poursuivre un programme politique déformé devant les tribunaux pénaux.

Cette affaire montre à quel point nous devons être vigilants face aux abus flagrants du système judiciaire à des fins aussi sinistres et haineuses. Le Centre international pour la justice pour les Palestiniens devrait baisser la tête, honteux.

Luc Gittos est un augmenté Chroniqueur et auteur. Son dernier livre est Droits de l’homme – liberté illusoire : pourquoi nous devrions abroger la loi sur les droits de l’hommequi est publié par Zero Books. Commandez-le ici.

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