La police kenyane a abattu un homme lors d'une manifestation contre un projet de centre de quarantaine contre le virus Ebola pour les citoyens américains.

Patrick Wahome, qui organisait des manifestations contre le centre de Nanyuki, a déclaré mardi à Reuters que l'homme était mort d'une balle dans la tête. Les journalistes de l'agence ont vu le corps immobile dans une voiture de police, avec une large blessure à la tête.

Un porte-parole de la police a déclaré qu'il n'avait aucune information sur l'incident.

Des dizaines de personnes s'étaient rassemblées près de la base aérienne de Laikipia, le site prévu du centre à Nanyuki, à 200 kilomètres de la capitale Nairobi. Certains portaient des équipements de protection et transportaient un cercueil marqué « Ebola ».

La police a dispersé mardi les manifestants à Nanyuki. Photo : Daniel Irungu/EPA

Plusieurs personnes ont été arrêtées et la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la petite foule.

La Commission des droits de l'homme du Kenya, une organisation à but non lucratif, a déclaré le

Les manifestants ont déclaré qu'ils s'opposaient au centre en partie parce qu'ils ne voulaient pas de vecteurs potentiels de cette maladie hautement contagieuse sur le sol kenyan. La colère nationale s’est accrue ces dernières semaines. Deux personnes ont été tuées lors d'une manifestation dans la ville lundi la semaine dernière.

Le gouvernement américain prévoit d'envoyer 30 personnels médicaux pour soigner l'établissement de Nanyuki, qui comptera 50 lits une fois terminé.

À la suite d'une requête de l'Institut kenyan à but non lucratif Katiba, un tribunal de Nairobi a temporairement bloqué, à la fin du mois dernier, la création de l'établissement et l'admission dans le pays des personnes exposées au virus Ebola.

La semaine dernière, le gouvernement kenyan s'est vu interdire de mettre en œuvre ce plan jusqu'à ce que l'affaire soit résolue. La prochaine audience aura lieu le 23 juin.

Le président kenyan William Ruto s'est engagé à continuer d'aller de l'avant, affirmant que le pays doit des années d'aide à Washington.

Un policier anti-émeute dégage mardi une barricade en feu à Nanyuki. Photo : Brian Inganga/AP

Les autorités sanitaires de l'Ouganda et de la République démocratique du Congo (RDC) peinent à contenir l'épidémie du virus. L’épidémie a été signalée le 15 mai, mais on pense que le virus circulait sans être détecté depuis des semaines.

L'épidémie, que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclarée urgence de santé publique de portée internationale, est causée par le rare virus Bundibugyo, pour lequel il n'existe aucun vaccin ni traitement approuvé.

Au 6 juin, la République démocratique du Congo avait signalé un total de 515 cas confirmés avec 91 décès, tandis que l'Ouganda avait signalé 19 cas confirmés, dont deux décès, ainsi qu'un cas probable décédé, selon l'OMS. Il n’y a aucun cas connu au Kenya.

Reuters et l'Agence France-Presse ont contribué à ce rapport

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