Bad // Dreems n'a jamais autant chassé les projecteurs, mais plutôt les a recâblés. Dès le départ, il s'agissait d'une version du rock australien qui ne romançait pas tant le parquet des pubs mais documentait ce qui y était inhérent : la sueur, les souvenirs, les contradictions. Eh bien, avec Ultra-Dundeearrive à un point qui ressemble moins à une conclusion qu'à une pause consciente, sortant peut-être leur album le plus pleinement réalisé avant de prendre une pause indéfinie.
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Enregistré aux Mixmasters Studios avec le producteur Dan Luscombe, Ultra-Dundee ne s'écarte pas du noyau du groupe, mais l'aiguise plutôt. À travers cinq albums, Bad//Dreems a tracé une ligne narrative typiquement australienne qui se situe quelque part entre l'observation et la confrontation. Ici, cette approche se cristallise autour de son personnage central : Ultra Dundee, un personnage qui semble moins inventé que fouillé.
Comme le décrit le leader Ben Marwe, Ultra Dundee est à la fois une personne et une condition, façonnée par le paysage, le travail et les conséquences. Il est l’étranger familier, un mélange d’archétypes qui peuplent la vie suburbaine et régionale, réfracté par quelque chose de plus surréaliste. C'est un dispositif qui permet au groupe d'élargir sa palette sans perdre en spécificité, oscillant entre satire et sincérité sans s'engager dans l'un ou l'autre.
Cette tension traverse « Night Shooting », l’un des moments les plus marquants de l’album. Écrit du point de vue d'un agriculteur frappé par la sécheresse, le morceau combine un traumatisme générationnel avec un récit de terre, de patrimoine et d'effondrement silencieux. C'est une chanson qui n'offre aucune solution, seulement une reconnaissance, une continuation de l'intérêt de longue date du groupe pour ce qui se cache sous la surface de l'identité nationale.
La vidéo qui l'accompagne, réalisée par Kaius Potter, complète un arc visuel plus large et positionne Ultra Dundee comme un personnage axé sur la conscience plutôt que sur l'évasion. C'est un changement subtil mais significatif. Alors que les travaux précédents tournaient souvent autour de l’observation, ici cela ressemble davantage à un bilan.
En live, ce poids se traduit par quelque chose de plus immédiat. Après un an de tournée anniversaire à guichets fermés et de performances nationales avec Grinspoon, le groupe revient sur scène pour une dernière série de spectacles à Melbourne, Sydney et Brisbane, ainsi que des apparitions à leur propre festival GATHER SOUNDS à Adélaïde. C'est une programmation qui reflète à la fois leur communauté et leur carrière, réunissant collègues et collaborateurs dans un environnement consciemment local.
Il y a un sentiment partout Ultra-Dundeeun groupe qui est pleinement conscient de sa position. Nous ne cherchons pas à nous réinventer ni à tomber dans la nostalgie, mais nous nous en tenons à une ligne qui est restée cohérente depuis ses débuts dans un entrepôt de Torrens. S’il s’agit d’une pause, c’est une pause prise avec clarté.
Bad//Dreems laisse derrière lui un catalogue qui non seulement documente une scène, mais élargit ce que cette scène peut contenir.
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