Le théâtre Enmore est bondé dès le début. Les Screensavers de Melbourne donnent le ton avec un ton mécanique et contrôlé, leur son post-punk piloté par un synthétiseur construit sur la répétition et la tension plutôt que sur la relaxation.
Si Sleaford Mods continue, cette réticence disparaîtra. Andrew Fearn se tient à proximité, vêtu d'un T-shirt, dénonçant bruyamment le golf, le message se situant quelque part entre la blague et le manifeste alors qu'il bouge constamment, dansant sur place, lâche et inconscient au rythme des rythmes. C'est un contrepoint à la rigidité du son et donne à l'ensemble une physicalité étrange et décalée. A ses côtés, Jason Williamson prend immédiatement le contrôle de la salle, avec un discours succinct et direct, traversant la salle avec un rythme qui semble plus lié au sol qu'à la scène.
L'ensemble atteint déjà sa pleine intensité, porté par la mise en scène discrète de Fearn et la voix de Williamson, qui oscille entre la parole et quelque chose de plus proche de la confrontation. La dynamique est simple mais précise. Les rythmes se répètent, les lignes de basse alternent et Williamson superpose ses commentaires, transformant la frustration quotidienne en quelque chose de plus aigu.
C'est la première fois qu'ils reviennent en Australie depuis 2023 et la performance a une sensation de compression. Rien n'est laissé pour compte. Les pistes avancent rapidement, les transitions sont serrées et l'accent reste mis sur la dynamique. Le nouveau single, Mégatonne (Les bénéfices de la chanson vont à Enfant de guerreun engagement que le groupe a approfondi avec cette tournée en s'associant à PLUS1 pour faire don de 1 $ sur chaque billet vendu à l'association caritative, arrive tôt dans le set et se fond sans le perturber, portant la même puissance en face que le reste du set.
Ce qui fait le spectacle, ce n'est pas l'ampleur ou le spectacle. C'est la précision. Chaque élément est réduit à sa fonction, ses boucles, sa voix, son espace et l'interaction entre eux. Williamson bouge, arpente, gesticule et repousse constamment les limites de la scène, tandis que Fearn continue de danser, ancrant le son tout en le minant visuellement avec une énergie irrévérencieuse. Ce qui reste, c'est sa cohérence. Pas d'excès, pas de déviation, juste un ensemble qui reste vrai du début à la fin. Il est contrôlé, direct et pleinement engagé selon ses propres conditions.
Sleaford Mods se rendra ensuite à Adélaïde, Brisbane et en Nouvelle-Zélande, billets ICI.
Images Deb Pelser
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