Zwick et Zidar soutiennent qu’une part importante de la baisse de la part du travail est due à l’évolution des formes de salaires, notamment la répercussion et la rémunération en actions. En particulier, si un employé est payé en actions et que ces actions prennent de la valeur, les règles fiscales ont tendance à en considérer une partie comme un revenu du capital (en fonction du moment où les gains en capital sont accumulés) plutôt que comme un revenu d'emploi. Zwick et Zidar nous renvoient à Human Capitalists pour plus de détails :

Les capitalistes humains sont des employés d’une entreprise qui reçoivent une rémunération importante à base d’actions, comme des attributions d’actions et des options d’achat d’actions. Ces employés sont copropriétaires d’entreprises américaines et, en échange de leur investissement en capital humain, les capitalistes humains gagnent une part des bénéfices des entreprises sous forme de dividendes fixes et de plus-values ​​en plus de leurs salaires. Nous documentons les faits stylisés qui décrivent l’évolution des revenus du capital humain au fil du temps et entre les industries du secteur manufacturier américain.1 Les capitalistes humains sont devenus une classe de plus en plus importante de salariés d’entreprises. En raison de problèmes de mesure, des travaux antérieurs ont sous-estimé l’importance d’une rémunération équitable en dessous de la haute direction. Mesurer correctement le revenu total des capitalistes humains modifie considérablement les conclusions sur l’évolution des parts des facteurs et de la complémentarité technologique.

La rémunération fondée sur des actions représente 36 % de la rémunération du capital humain de 2010 à 2019 et 7 % de la valeur ajoutée manufacturière en 2019. La prise en compte correcte du revenu total des travailleurs hautement qualifiés a des implications significatives sur les changements mesurés dans les parts du travail au cours de l’ère moderne. L’ajout de l’égalité salariale aux salaires en espèces réduit de 32 % la baisse de la part du revenu salarial pur dans la valeur ajoutée manufacturière depuis les années 1980. Sans tenir compte de l’égalité salariale, la proportion de travailleurs hautement qualifiés est passée de 17 % dans les années 1980 à 11 % au cours de la dernière décennie. L’inclusion de la rémunération en actions compense presque cette baisse. La part des travailleurs hautement qualifiés dans le revenu total du travail passe d’un tiers au début des années 1960 à deux tiers dans les années 2010 lorsque l’on prend en compte la rémunération en actions.

Voir aussi mon article précédent « L’affaire du partage du travail ». Et alors ?


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