KEnneth Branagh aurait joué 35 rôles dans Shakespeare à l'époque. Le voir parler en vers ces jours-ci est un événement spécial, d'autant plus qu'il revient à la Royal Shakespeare Company après plus de 30 ans pour affronter pour la première fois le sorcier de Shakespeare, duc déchu et occupant tyrannique. Même le roi est apparu il y a quelques jours.

“Prospero” de Branagh est initialement basé sur son “King Lear” rapide et fiévreux, joué dans le West End en 2023. Il semble se précipiter dans le rôle au lieu de l'absorber, trop espiègle, presque drôle, plutôt décevant. C'est le spectacle lui-même qui séduit par ses images, ses sons et ses performances d'ensemble enchanteurs. Richard Eyre, qui a mis en scène sa première pièce de Shakespeare à Stratford, fait un excellent travail en donnant à la production un sens clair de la performance.

Photo : Johan Persson
Photo : Johan Persson

En choisissant Prospero comme chef d'orchestre sur cette île d'air doux et de bruit, il évoque la tempête d'ouverture depuis un pupitre, orchestrant l'action alors qu'un mur du fond s'ouvre pour révéler une vue magnifique sur les vagues gargouillantes, le programme de scène circulaire, le son des tambours, des éclairs et du tonnerre, créant une sensation très théâtrale de crash, bang et crash. Prospero attise une tempête qui ramènera à lui son frère usurpateur pour se venger, mais il applaudit également un numéro de cabaret ou de cirque élaboré dont il est le maître.

Chacun joue son rôle : Ariel (Amara Okereke) ressemble à une trapéziste, flottant de manière acrobatique, un délice pour ses beaux mouvements et son chant, et il y a un amour tacite dans la chimie entre Prospero et Ariel. Les scènes dans lesquelles Caliban (Ashley Zhangazha), Stephano (Guy Henry) et Trinculo (Keir Charles) planifient une rébellion rappellent un sketch de comédie de music-hall. Il semble significatif que Caliban ne soit en rien monstrueux ou grotesque, mais ressemble plutôt à un esclave. Il est sérieux, noble, donne son air comique, mais est fondamentalement tragique.

Le son et la musique dans leur ensemble occupent une place centrale, avec des tambours bongo à la fois énergisants et symboliques d'une terre colonisée par Prospero et dont les sons indigènes sont irrépressibles. Les chansons de Shakespeare sonnent nouvelles ici, avec un quasi-rap de Caliban et Prospero chantant occasionnellement en chantant. La scénographie de Bob Crowley est également captivante, presque Disney avec ses éléments scintillants et flottants, nous captivant par ses sensations visuelles et ses mouvements magnifiquement chorégraphiés. L'écran arrière est crucial pour évoquer les illusions de Prospero, et le tout ressemble à un spectacle de magie pour enfants.

La diction de Branagh est, comme toujours, claire et légère, mais pas assez profonde. Il est vital et rebondissant, un père possessif qui rôde sur les côtés de la scène tandis que sa fille Miranda (Ruby Stokes) flirte avec Ferdinand (Fred Woodley Evans), mais bien loin de l'homme plus âgé de John Gielgud (dans le film de Peter Greenaway). Sa légèreté séduit, mais paraît légère. Il en va de même pour la mise en scène de la première moitié, qui se préoccupe en quelque sorte de nous étonner par sa magie plutôt que de plonger au cœur de cette pièce des plus profondes.

Mais à mesure que Branagh ralentit également, la production prend des nuances plus profondes et plus plaintives et on sent le choc émotionnel lorsque Prospero déclare que l'acte le plus rare est la vertu plutôt que la vengeance. Dans cette fin, Caliban retrouve sans un mot son rôle légitime de dirigeant de l'île, donnant le pouvoir à la transformation de Prospero. Vous sentez le sorcier devenir plus humain et plus humain ; Le renoncement à la tyrannie est aussi libérateur pour l’oppresseur que pour l’opprimé.

The Tempest joue jusqu'au 20 juin

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